Aventure Convoyages : plus qu'un métier, une passion
FLEUR AUSTRALE
Monocoque Alu, Pouvreau 12 m


Papeete - La Rochelle

Mai - août 2013

- Le bateau
- L'équipe
- Les escales
- Les nouvelles

 
 
Les autres convoyages
Rubicon (Transat, 2015)
Fleur Australe (Tahiti-La Rochelle, 2013)
Doyle (Seychelles-Martinique, 2012)
Kiluna (Transat, 2012)
Filosof (Transat, 2012)
Bamboo (Transat, 2011)
Oxygene (Transat, 2011)
Song Saigon (Thailande-Egypte 2010)
Errante (Vancouver-SFR, 2009)
Melina (Vancouver-Horta, 2009)

Encore une fois, le tourisme n'est pas prévu sur ce convoyage. Nous sommes pris par le temps et la menace de la saison cyclonique en Caraïbes et sur la première moitié de la transat.

La route : c'est simple, entre Tahiti et le Canal de Panama, il n'y a rien ni sur la route directe (que nous ne pourrons pas suivre de toute façon, vents contraires) ni sur la route que nous devrions suivre en fonction des vents. A part les Marquises... où j'espère bien m'arrêter quelques heures pour aller saluer la mémoire de Jacques Brel. Et les Galapagos, mais nous ne nous y arrêterons pas, cela coute maintenant bien trop cher!

Encore une fois, le tourisme n'est pas prévu sur ce convoyage. Nous sommes pris par le temps et la menace de la saison cyclonique en Caraïbes
Ensuite, il y aura les iles Las Perlas, juste à l'entrée du Golfe de Panama. Mais j'imagine que bien qu'y arrivant après une quarantaine de jours de mer -et donc logiquement avide de terre ferme, je serai pressé d'arriver à Panama, pressé par le temps et la météo dans la Caraïbe. Donc je crains que ce ne soit l'impasse... On n'est pas là pour faire du tourisme, rappel.

Après Panama, il y aura certainement une escale de 24 heures aux San Blas. Et pas dans le même mouillage qu'avec Melina, je partirai à la découverte d'un autre mouillage, le plus près de notre route. On a beau être en service commandé, il y a des joyaux qu'on ne peut ignorer.

Arrêt presque inévitable à Carthagène en Colombie car le passage du cap au Nord de Barranquilla se passe rarement du premier coup. Un arrêt à Carthagène est souvent nécessaire pour attendre la bonne fenêtre météo avant d'attaquer la remontée vers l'Arc Antillais (avec ou sans escale sur une des iles ABC, Aruba, Curaçao ou Bonnaire).

Et pour finir, ce sera de nouveau "l'autoroute", Saint-Martin / Horta / La Rochelle...

Tout ça, c'est en théorie, alors que je suis encore confortablement assis en Martinique...
Comme toujours, on sait lorsqu'on part, on sait où on doit aller, mais on ne sait ni quand ni par où on y arrivera.

 

A suivre...

Note écrite à Panama, 19/06/2013 :
Il n'y a eu aucune escale en route, ni aux Marquises (que nous n'avons pas traversées), ni à Pitcairn, ni sur l'Ile de Pâques, ni aux Perlas...
Et il n'y en aura pas non plus aux San-Blas, ni à Carthagène (sauf si je dois refaire le plein de fuel...), ni à Curaçao. Nous sommes déjà en retard!



Pour commencer, une escale à Los Angeles mise à profit pour aller faire un tour à Hollywood : Sunset Boulevard et Hollywood Boulevard (là où il y a les empreintes des artistes, et les étoiles dorées avec les noms de célébrités du cinéma ou de la radio, ou les titres de films qui ont fait date dans l'histoire du cinéma). , ,
Ce boulevard est le rendez-vous de tous les aspirants vedettes, de tous les fans, et de tous les artistes de rue qui sont là pour célébrer tel ou tel personnage tout en faisant la manche ou en espérant se faire remarquer par LE agent qui fera décoller leur carrière de ce bout de trottoir. Claire s'est faite alpaguer par Batman, Spiderman, Zorro et un autre Super Héros qui ne l'ont plus lâchée tant que la photo n'était pas prise...
Marrant.

Un passage rapide à Chinatown pour diner, et retour à l'aéroport pour le dernier tronçon. Nous sommes donc arrivés à Tahiti après 39 h. de voyage, à peine fatigués, à 05h30 d'un petit matin frais dans un aéroport désert ou presque, où un trio de musiciens/chanteurs/danseuse en paréos et colliers de fleurs nous attendaient pour le traditionnel accueil polynésien, certainement sincère "à l'époque", mais qui fait aujourd'hui un peu cliché à touristes...
Mais ça plait, à en juger par le nombre d'appareils photos sortis par des Américains. Pour une fois ce n'est pas "un car de Japonais" mais "un avion d'Américains".
 
Papeete, Tahiti.

Ici, même type de temps qu'aux Antilles : très chaud, peu de vent (la marina Taina de Faa'a est sous le vent de l'ile, donc peu aérée, terrible...) et des grains qui naissent sur la montagne à côté.
Depuis le bateau amarré à quai, nous voyons une partie de Tahiti, très verte, habitée uniquement le long de la bande côtière, l'ile montant ensuite en pentes abruptes recouvertes d'une végétation dense d'un vert sombre parsemé les taches rouge vif des flamboyants en fleur.

En regardant vers le large, en premier plan, le lagon dans lequel les Tahitien s'entrainent continuellement à bord de pirogues à balanciers à un, deux ou six rameurs. Il faut dire qu'une course annuelle se prépare pour le week-end prochain, de 160 km et réunissant les meilleurs piroguiers de Polynésie mais également de Hawaii et de Nouvelle Zélande.
Plus loin en face, à quelques miles, l'ile de Moorea, magnifique dans le soleil couchant sous les nuages noirs de pluie..Notre présence à la Marina Taina de Papeete correspondait avec le regroupement des voiliers prenant part à la "Oyster Round the World Rallye", une concentration de voiliers de la marque Oyster, luxueux monocoques de 16 à 24 mètres. Ces riches propriétaires se sont regroupés, sous l'égide de leur chantier, pour naviguer autour du monde. Partis des Antilles, ils prévoient de sillonner la Polynésie avant de continuer sur
les Fidji, la Nouvelle Calédonie, l'Australie, le Cap de Bonne Espérance avant de retrouver leur point de départ, à la Barbade sauf erreur.

Nous avons sympathisé avec les membres d'équipage de l'un d'entre eux et avons passé deux soirées fort sympathiques "en ville", à la brasserie du coin, éclusant quelques bières en écoutant deux groupes locaux qui donnaient un aperçu de la musique tahitienne mâtinée de sonorités plus récentes ou reprenant quelques bons vieux standards de jazz et de rock. L'occasion pour nous également d'aller manger un morceau sur le port, dans l'une des nombreuses guitounes qui se montent à 19 heures et disparaissent à minuit. Nourriture tahitienne bien sur, à la bonne franquette, au milieu de polynésiens sortant en famille. Bien agréable, et surtout excellents tartares de thon à la tahitienne, un vrai régal.

Après avoir fait l'avitaillement sans dépaysement chez Carouf et au marché couvert de Papeete est venu le temps des formalités habituelles de "clearance" pour pouvoir quitter la Polynésie. Tout s'est passé comme sur des roulettes, avec bien sur quelques aller-retours d'un bureau à l'autre car il manque toujours "le" tampon, et un petit chassé-croisé avec la PAF car on m'avait dit que l'un des officiers était tout particulièrement tatillon pour ne pas dire casse- bonbons et qu'il fallait impérativement l'éviter..

.
(Mais comment on va ranger tout ça??
50 jours de vivres -il y en a encore autant sur le pont...)

Tout étant prêt pour le départ, nous nous sommes octroyé une journée "off" après cette semaine d'hyper activité à préparer le bateau (de 06:00 à 18:00 non-stop tous les jours, c'est pas une vie!). Location d'une petite bagnole, et en avant pour le tour de l'ile, presqu'ile de Tahiti Iti incluse. Bien joli, ce coin. Le principal de la vie et de l'activité de l'ile se concentre sur le bord de mer, sur une bande qui ne doit pas dépasser un ou deux kilomètres, "l"arrière pays" devenant vite jungle tropicale touffue et impénétrable à qui ne connait pas les bons passages. L'ile est volcanique, bien sur, et la pente est forte une fois sorti de cette bande côtière. Des vallées plus ou moins profondes s'enfoncent vers l'intérieur, et on dit que plus tu avais de moyens, plus loin dans la vallée était ta maison. En ayant la maison tout au fond, tu devenais quasiment propriétaire du reste de la vallée car tu avais le contrôle de l'eau qui y coule...
Je ne peux malheureusement pas en dire plus sur cette ile que nous n'avons bien sur pas vue, juste survolée. C'est bien dommage.
J'en apprendrai plus en lisant un des bouquins du bord, un recueil de nouvelles sur la Polynésie écrites par H. Melville, Jack London, Eugène Sue, Jean Giraudoux et d'autres illustres inconnus...

 

Panama, et le passage des écluses.
Nous avons jeté l’ancre dans la baie sous le vent de Panama city, Las Brisas. Et dans ce cul de basse fosse, pas de marina, pas de joli ponton pour les plaisanciers. Ce mouillage, le seul qui soit réellement calme (celui de La Playita de Amador est tout chamboulé par les va et vient incessants des pilotines et autres engins de servitude), regroupe des plaisanciers, mais aussi et surtout des gros bateaux de pêche, des barges, des remorqueurs, des épaves dont on se demande comment elles flottent encore, bref quelques voiliers et le rebut de ce qui flotte.

Sous le vent de Panama, la berge faite de grosses roches entassées pour protéger les ile de Perica et de Flamenco en plein développement, récupère tous les miasmes de cette ville mi gratte-ciels mi bidonville. Et les huiles de vidange des remorqueurs. Et les déchets des barges. Et les oiseaux crevés, les rats qui flottent le ventre en l’air, les préservatifs usagés... Bref, pour que les plaisanciers débarquent, un ponton flottant délabré est amarré à quelques mètres d’un escalier, et on passe de l’un à l’autre à l’aide d’un petit youyou ridicule toujours rempli d’une flotte putride et relié aux escaliers et au ponton par un système de va et vient. Transfert à haut risque, qu’il vaut mieux effectuer un par un, l’engin étant ridiculement petit et instable. Bon, nous avons utilisé ce système sans problème pendant 5 jours. Par contre nous avons été témoins du plongeon fatidique d’une belle hollandaise qui en est ressortie passablement inapte à se présenter à un
bal, si cela avait été son intention. Et le dernier jour, revenant de notre petit passage quotidien ou presque au cyber café du coin, chargé d’un magnifique sac de glaçons, à marée basse, donc avec le youyou au bas de 8 marches dont les deux tiers habituellement dans l’eau sont recouvertes de boue, de vase et de coquillages survivant par on ne sait quel miracle à cette pollution nauséabonde, je me suis fait le vol plané du siècle.
Les deux premières marches, sèches, pas de problème. Je me penche pour assurer mon équilibre sur les marches suivantes en posant la main sur une roche que je pensais bien à sa place, un penché légèrement sur le côté, et le pieds opposé, ziiip, dégage, attiré par la marche suivante, les lois de la gravité font leur boulot, le cul perd de la hauteur et suit, les bras se raccrochent à l’air moite sans pouvoir y trouver aucune prise, et c’est la dégringolade qui commence. Il est très intéressant de voir comment l’esprit fonctionne à toute vitesse dans certains cas d’urgence... Je me suis dit “L’ORDI !!!” et dans le même temps je me suis souvenu que pour maitriser une chute, il ne fallait pas s’y opposer, mais bien la suivre pour la contrôler. Ordre a dont été donné “réflexement” et illico à l’autre jambe restée à la traine de vite rejoindre sinon précéder sa consoeur, de lui montrer comment reprendre
appui, les bras se sont jetés en avant sur le côté des escaliers pour embrasser une énorme roche, tout le monde dans le même temps intimant l’ordre au dos de rester maitre de la situation et au dessus de la mélée. Sacrifiés, bras, épaule, genoux et cheville ont encaissé le choc, les brimades et les attaques sournoises de la roche, des bivalves et chapeaux chinois, sentiment d’apesanteur passager, grosse frayeur instinctive –mais pour qui, ou pour quoi, pour moi ou pour l’ordinateur?? et je me suis arrêté avec de l’eau jusqu’à la taille, déchiré et coupé mais ordinateur au sec. Le temps de réaliser ce qu’il s’était passé, ou presque, et j’entendais Claire hurler, de rire d’abord, puis de surprise, déséquilibrée elle aussi par les spasmes de l’hilarité dont j'étais l'objet comme par le poids du sac de glaçons qu’elle avait voulu sauvegarder, glissant les quatre fers en l’air. Et la voici à mes cotés en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, balafrée de l’épaule et du genoux, mais toujours pliée en deux de rire. L’ordinateur était sauf, par contre la glacière devrait se passer de glaçons. De retour à bord, désinfectant et Bétadine ont coulé à flot et une semaine après nous avons tous les deux les marques blanches des cicatrices superficielles, blanches parce que on ne bronze pas sous la croute, c’est certain.
La vie de marin, je le répète, n’est pas un long fleuve tranquille...

Le passage du canal

Une première pour Claire, troisième expérience pour la Fleur Australe, deuxième pour moi. Nous sommes tous les trois un peu sur nos gardes... Nous seront aidés pendant la traversée par 3 autres personnes, les "handliners", qui se louent à la journée pour prendre en charge une des quatre aussières du bateau. Il faut 4 "handliners", un capitaine à la barre, et un Pilote mandaté par les autorités du Canal.
C’est gigantesque! Impressionnant au possible. Le canal en lui même est assez banal, long serpent qui s’étire entre deux berges façonnées par De Lesseps et ses potes, ma foi, pas grand chose à dire. Sauf au passage, mentionner tout de même l’impressionnant travail qui a donné naissance au Pont des Amériques et au passage sous le pont de la "Bordada Cucaracha", pont dont le nom m’échappe. Deux ponts suspendus, à une hauteur vertigineuse bien sur pour laisser passer les gros cargos et pétroliers, tous les deux d’une finesse magnifique, l’un en poutres métalliques, l’autre en béton fin tenu par des haubans à faire pâlir d’envie une araignée. Par contre, le passage dans le lac Gatun est superbe. De l’eau douce, bien sur, et ce depuis la première écluse, et une végétation luxuriante sur les bords. Malheureusement le "Banana Canal" est fermé à la navigation, il nous aurait fait gagner une quinzaine de miles au milieu de petits ilots de verdure, avec perroquets, singes hurleurs et crocodiles..
.
Les trois premières écluses, montantes, seront passées à couple d'un gros remorqueur. Amarrés à ses côtés, nous n'aurons pas à gérer la montée. Je devrai simplement faire attention au coup d'hélice que le remorqueur donnera une fois l'éclusage terminé, car il doit sortir devant moi.
Nous passerons les trois dernières écluses, descendantes, le long des murs. Au début ça commence amarré le long d'un quai. Normal. Et d'un seul coup, les tourbillons commencent, l'ascenseur se met en marche et tu descends le long du mur raide, haut, tout sombre des algues et autres organismes qui s'y développent. Et au fur et à mesure que tu descends, le soleil ne t'atteint plus et il fait plus sombre, plus frais, à la fois impressionnant de contraste, mais aussi bien agréable! Un peu de fraicheur!


Le pilote a débarqué à Colon, de l'autre côté, et nous avons rapidement rejoint la marina de Shelter Bay.


 

Horta, again
Escale un peu plus longue que prévu pour changement d'équipier, Horta n'a pas changé depuis l'an dernier. Par contre, nous avons eu la chance d'arriver pendant la Fête de la Mer, avec force animations dans le port, sur le "paseo", dans la baie, partout. Beaucoup de monde dans une ambiance très festive, c'est super de se trouver là à ce moment.

Concerts tous les soirs sur la promenade, trios de jazz chez Peter tous les soirs également, beaucoup de guinguettes dressées en bord de mer offrant toutes les spécialités culinaires portugaises et plus spécialement des Açores... L'ensemble est un régal.


Quelques convoyages :
Errante
| Song Saigon | Oxygène | Bamboo | Filosof | Kiluna | Doyle | Fleur Australe | Rubicon
Skippers professionnels à votre service pour le convoyage de votre voilier
Delivery Skipper | Sailboat Delivery

Expert Maritime Antilles Guyane